Quand on parle d’effondrement, tout le monde ne parle pas de la même chose.
Nous avons ressenti le besoin de définir collectivement ce que nous entendons par effondrement et par résilience au sein de RUADE.
C’est pourquoi nous proposons à chaque adhérent de présenter quelques livres qui définissent la vision qu’il a de RUADE.
Voici les premières contributions.

Comprendre et informer

Comment tout peut s’effondrer de Pablo Servigne et Raphael Stevens
Arnaud : pour moi le livre révélateur de l’état catastrophique de la biosphère et de notre société, étayé par plus de 350 références scientifiques. La preuve par A + B qu’on en sortira pas indemne. Dans ma vie, il y a eu un avant et un après.
Camille : +1

Sapiens et Homo Deus de Yuval Harari
Florence-Marie : super déconstruction de préjugés
Liliane : Sapiens m’a fait un bien fou !

Ishmael de Daniel Quinn
Florence-Marie : Un livre qui m’a déconstruit beaucoup d’idées-croyances sur notre mythologie occidentale. On n’en ressort pas indemne…

Arnaud : Sous la forme d’un dialogue entre un élève et un maître, Ishmael déconstruit notre vision culturelle d’une humanité ayant pour vocation de modeler et d’améliorer le monde. Notre culture occidentale de « ceux qui prennent » caractérisée par une agriculture dévorante de nature est opposée aux cultures de « ceux qui laissent » où l’homme est intégré au monde vivant.

Morceaux choisis
p 113 « J’affirme que le prix que vous avez payé n’était pas le prix pour devenir humain. Ce n’était même pas le prix pour l’acquisition de tous les avantages que vous avez mentionnés. C’est le prix que vous avez payé pour jouer un rôle dans une histoire qui fait de l’humanité l’ennemie du monde vivant. »
p122 la vision portée par notre culture : « L’homme est né pour transformer le monde en paradis mais malheureusement il est né imparfait »
p124 « Il n’y a rien de fondamentalement mauvais chez les hommes. Donnez leur à jouer une histoire qui le mette en accord avec le monde, ils vivront en accord avec le monde »
p184 « Je ne pense plus du tout que nous commettons seulement des erreurs. Nous ne détruisons pas le monde par simple maladresse. Nous détruisons le monde parce que nous sommes, au sens propre du terme et de manière parfaitement délibérée, en guerre contre lui. »
p193 « Accroître la production de nourriture pour alimenter une population croissante a pour conséquence un nouvel accroissement de la population. »
p198 « L’accroissement de la production alimentaire ne nourrit nullement les affamés; tout ce qu’il alimente, en réalité, c’est la surpopulation  »

Effondrement de Jared Diamond
Florence-Marie : Évidemment

La zone du dehors de Alain Damasio
Romain : Ma première dystopie, bien faite et basé sur un monde invivable…

Résilience psychologique, cultiver la joie et le sens, faire société

L’effondrement de Carlyn Baker
Florence-Marie : Extraordinaire!

Décroissance, vocabulaire pour une nouvelle ère (collectif)
Romain : La bible de la décroissance, un peu four tout mais top !

Le municipalisme libertaire de Janet Biehl
Romain : Un superbe résumé de la pensée de Murray Bookchin, ça donne la pèche et pleins d’idée pour la suite !

Morceaux choisis par Arnaud :

préface d’Annick Stevens :
p9 Cet allégement du poids de la nécessité – c’est à dire le temps consacré aux tâches productives et l’inquiétude liée à la simple survie matérielle – est une condition indispensable d’une vie publique intense, non seulement politique mais aussi intellectuelle et artistique »
p12 la force de l’exemple ne réside pas dans sa capacité à être reproduit tel quel, mais dans sa capacité à susciter des innovations comparables, adaptées à chaque situation
il n’y rien de plus démotivant que de délibérer à vide, à propos de questions sur lesquelles nous n’avons aucune prise.
rien n’empêche de commencer par délibérer sur des questions liées à la vie quotidienne d’un quartier ou d’une association dédiée à activité collective d’utilité publique, et de se former ainsi à l’auto-organisation, en attendant que le mouvement s’étende et prenne des forces pour passer à une phase plus ambitieuse »
fin de la préface
p36 le municipalisme libertaire est l’antithèse de l’Etat puisque l’Etat en soi est impossible à conjuguer avec l’autogestion communautaire et une sphère publique florissante
faire de commettants passifs des citoyens actifs et les doter d’un espace politique où ils pourront faire des choix significatifs
p92 le municipalisme libertaire est un mouvement révolutionnaire, pas un mouvement réformiste, et son but n’est pas de modifier le système en place, mais bien de le remplacer par un système libérateur
« on peut désigner […] les demandes minimales […] précises et concrètes
demandes maximales plus générales définissent la société rationnelle que le groupe espère voir un jour réalisée.
la demande maximale serait de « remplacer l’économie de marché par une économie morale » qui se préoccuperait des besoins des gens plutôt que des profits
p93 le municipalisme libertaire n’est pas une tentative de bâtir un gouvernement local, plus progressiste ou plus soucieux de l’environnement en élisant au conseil municipal les candidats « éclairés » […] le but maximal du mouvement est de créer une démocratie directe dans leur municipalité et au delà
les campagnes municipalistes libertaires sont l’occasion pour le groupe de faire connaître ses idées et de susciter le débat public
la participation aux élections devrait constamment faire partie de la pratique du municipalisme libertaire
p99 le groupe peut créer de son propre chef des assemblées de citoyens extra légales et les convoquer, appelant tous les citoyens à y assister et à y participer
p113 aucune localité – pas même celle qui pratique la démocratie directe – ne peut se suffire à elle même. On peut s’efforcer de décentraliser la production, mais l’autosuffisance n’est pas seulement impossible, elle est indésirable
p131 le capitalisme lui-même doit être aboli. le système actuel doit être remplacé par un système qui a la volonté et la capacité de restreindre ou d’éliminer la recherche de profit en faveur de valeurs, de pratiques et d’institutions humanistes.
p145 tout adulte normal est compétent pour participer à l’autogestion de la société
p146 en remplaçant un lien économique axé sur le profit par un lien éthique, cette société transformerait l’économie en culture

Petit traité de résilience locale (collectif) :
Camille : Pour tenter d’élaborer des pistes d’adaptation à l’échelle collective.

De quoi l’effondrement est-il le nom ? de Renaud Duterme
Camille : pour une relecture synthétique et critique des représentations que véhicule l’imaginaire de l’effondrement, et ne pas oublier sa dimension politique

Reinventing organizations de Frédéric Laloux
Arnaud : évolution de l’organisation des sociétés vers des modes de gouvernance partagées et des partages de pouvoirs horizontaux, permettant une meilleur expression des personnalités et des potentiels de chacun. Une lecture enthousiasmante donnant un regard neuf sur le monde du travail.

La convivialité d’Ivan Illich
Nicolas « Elmo » : comprendre les ressorts de l’aliénation technologique et technocratique. Ou comment (ré)inventer un usage « convivial » des outils et des savoirs.
Le pamphlet essentiel de l’un des penseurs les plus radicaux et les plus importants de l’écologie politique.

Résilience physique, préparer l’après

La révolution d’un seul brin de paille de Masanobu Fukuoka
Arnaud : la vision philosophique de l’agriculture naturelle mise en pratique pendant 40 ans et écrite par un japonais dans les années 70. Le principe d’observation des cycles naturels et du non-agir. Touchant et inspirant.

Agriculture de régénération de Mark Shepard
Arnaud : Intégration des concepts d’aménagement de la permaculture dans une ferme diversifiée de plusieurs dizaines d’hectare intégrant des arbres à coques, à fruits, des cultures annuelles et du paturage tournant avec veaux, vaches, cochons, couvées 😉 Une étude et mise en application poussée de l’aménagement productif des systèmes naturels inspirés de la savane aux Etats-Unis. La ferme de mes rêves 😉